Le classement 2010 des écoles d’ingénieurs est paru aujourd’hui sur www.letudiant.fr et depuis quelques jours dans la Lettre de l’Etudiant et dans le magazine L’Etudiant. Il sera également dans L’Express début janvier. Demandes d’explications et récriminations en tout genre affluent sur mon répondeur et sur ma boîte mail. Je vais tenter de répondre ici aux principales interrogations que lecteurs et directeurs se posent.
Tout d’abord, il faut le dire bien haut et le réaffirmer, un classement représente un point de vue. Pas dans les rangs finaux attribués auxquels nous ne pouvons au final pas grand chose mais dans le choix des critères et de leur pondération. A l’Etudiant, nous considérons qu’une école doit se démarquer sur trois champs: le niveau académique, les relations entreprises et l’international.
On nous reproche souvent de mettre trop en avant les critères recherche mais ils sont le garant que l’établissement est toujours en phase avec les évolutions scientifiques et technologiques. A l’international, le potentiel académique d’une école (autrement dit de bons enseignants-chercheurs) fait la différence. On peut le déplorer mais c’est l’une des principales conséquences de la compétition mondiale dans laquelle les écoles d’ingénieurs, comme tous les autres établissements, sont rentrées.
Mais revenons-en au classement 2010. La principale évolution de cette édition réside dans l’harmonisation des critères utilisés pour les écoles après bac et les écoles après bac+2. Un rapprochement qui est largement dû aux débats qui ont pu avoir lieu sur ce blog. Nous ne sommes pas sur un classement unique mais nous n’en sommes pas loin. Cette harmonisation n’est pas sans conséquence sur les rangs des uns et des autres, surtout pour les écoles postbac pour qui les changements ont été les plus lourds.
Nous avons baissé le coefficient accordé au niveau de recrutement des étudiants (de 30 à 20) et nous ne consacrons plus qu’un critère à ce sujet. Nous nous concentrons donc sur la valeur ajoutée des écoles.
Le critère “participation des entreprises” a remplacé l’indicateur “taxe d’apprentissage ” et s’est vu attribué un coefficient 10 (au lieu de 5). La taxe d’apprentissage seule (que nous incluons dans la participation des entreprises) nous semblait, à l’heure des chaires d’entreprises et des fondations , un critère trop étroit.
Enfin, après avoir envisagé différentes pistes, nous avons ajouté le critère “erasmus mundus” qui donne un juste équilibre à notre volet international: deux indicateurs quantitatifs, deux indicateurs qualitatifs.
Une dernière remarque sur les spécialités. Sur www.letudiant.fr, nous avons mis en place un filtre par spécialité. Nous avons changé notre méthodologie sur ce point. Les écoles nous ont fait part du pourcentage de leurs diplômés 2008 qui débutaient dans chacun des dix secteurs qui recrutent le plus de jeunes ingénieurs, selon l’enquête CGE. Celles qui dépassent de 33% la moyenne obtenue par tous les établissements dans une spécialité apparaissent dans cette spécialité. Les écoles peuvent figurer dans plusieurs domaines. Une méthode bien plus pertinente que l’année dernière où les écoles déclaraient simplement leurs spécialités parmi une liste de onze domaines. Il ne s’agit donc pas d’un classement supplémentaire mais bien d’un filtre qui permet de voir les écoles les plus spécialisées dans certains domaines. Certaines écoles généralistes apparaissent peu puisqu’elles forment à plusieurs domaines. Un seul regret: quelques établissement n’ont pas répondu à cette question précise, ils ne peuvent donc apparaître dans aucun filtre.
Il y aurait encore beaucoup à dire et je reviendrai sans aucun doute sur tel ou tel point dans les réponses à vos commentaires ou dans de nouveaux billets. La méthodologie ou l’article général qui accompagnent le palmarès peuvent vous fournir de nombreux éclaircissements supplémentaires.
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16 décembre 2009
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