Palmarès, le making of

Les coulisses des classements des grandes écoles par Géraldine Dauvergne et Sylvie Lecherbonnier

Le FT et la magie des rangs

Data:7 décembre 2009

Géraldine Dauvergne

Voici le dernier ranking « FT » de l’année, la synthèse des cinq précédents : full time global MBA, executive MBA, masters in management, open programmes (executive education), custom programmes (executive education) …

 

Peu de surprise à l’arrivée, avec ce ranking des meilleures business schools européennes : satisfaction des écoles françaises et méthodologie peu contestée.

 

Il faut dire que les rangs ordonnent avec une clarté et une simplicité de bon aloi.

 

Pourtant, utilisé comme critère, le rang cache les données brutes et le traitement qui leur est appliqué. Leur réutilisation dans le but de produire un nouveau classement accroît encore la complexité de la machinerie, tout en l’occultant.

 

Les rangs du classement des masters in management, tels qu’ils apparaissent dans cet ultime tableau de l’année, ne correspondent pas à ceux du classement initial. HEC, 2ème en octobre dans le classement des masters, se retrouve 1er dans la colonne correspondant en décembre … Le troisième devient second, et ainsi de suite.

 

La raison de cette promotion collective ? On la trouve dans une note en bas de tableau. « « Le programme de la CEMS était classé numéro 1 dans le ranking 2009 des masters in management, mais il n’a pas été inclus dans le ranking 2009 des business schools européennes, étant donné qu’il est un programme, et non une école. »

 

La face du monde aurait-elle été changée si les rangs authentiques avaient été maintenus (sans numéro 1) ? Qui sait …

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7 commentaires

  1. Tonio a écrit le 8 décembre 2009 :

    Il faut dire que les rangs ordonnent avec une clarté et une simplicité de bon aloi.

    Pourquoi ne pas faire aussi simple pour vos classements ?

  2. Géraldine Dauvergne a écrit le 8 décembre 2009 :

    Parce que cette “simplicité” n’est qu’apparente. Elle ne donne aucune prise à l’analyse critique du lecteur. La simplicité n’est pas la transparence. Essayez seulement de retrouver comment les rangs sont obtenus …
    Mais vous avez raison : utiliser des rangs plutôt que de publier les valeurs brutes nous vaudrait sans doute moins de retours courroucés de nos lecteurs.

  3. Simulacra a écrit le 8 décembre 2009 :

    Si j’ose donner mon avis (je ne répond pas pour l’étudiant, je leur laisse ce soin, mais je répond pour ma pomme en tant que lecteur assidue de classement depuis des années) :

    Les rangs ne prennent pas en compte les différences entre les éléments.

    Par exemple, si on classe 3 éléments sur un critère A.

    L’élément 1 possède en valeur absolue la note “100″
    L’élément 2 possède en valeur absolue la note “50″
    L’élément 3 possède en valeur absolue la note “45″

    Si la méthode utilisé était celle des rangs, on aurait l’élément 1 ranké 1, l’élément 2 ranké 2 et l’élément 3 ranké 3.

    Ici, avec la méthode des rangs, on a donc une différence de “1″ entre chaque éléments.

    Hors, cela fausse la réalité. La différence entre l’élément 1 et l’élément 2 est 10 fois plus importante que la différence entre l’élément 2 et l’élément 3.

    A mon sens, choisir les “rangs” comme solution n’est pas statistiquement juste. Si un élément est très performant, il doit être avantagé. De même, si énormément d’éléments sont très proche, les rangs ne sont pas justifiés. Et quand on répette cela sur plusieurs critères, et qu’on sort un classement final résultat d’une addition de rang, on se retrouve avec un classement complètement biaisé qui ne respecte pas une seule seconde les “différences réelles” entre les éléments et qui en plus n’est pas attaquable par manque de données objectives à critiquer.

    Le rang, c’est la méthodologie du pauvre : Un rang ne montre rien, il n’est pas “critiquable” d’autant plus qu’on ne possède pas les données derrière… je préfère de loin avoir les données objectives, qui permettent au moins d’avoir des informations précises sur certains éléments.

    On peut certes critiquer le manque d’info de l’étudiant : On a les données objectives, pas le détail des points. Cependant, a partir des données objectives et d’un peu de math, on peut très rapidement retomber sur quelque chose qui ressemble énormément au classement publié. Cet exercice est complètement impossible avec le figaro, qui ne donne pas le détail des points. Et pour le FT, c’est particulier, dans leur classement master, une partie (60%) représente des données objectives (et a partir de ces données objectives, on peut retrouver quelque chose d’assez crédible, testé et approuvé), mais 40% de la pondération se fait sur des “rangs” dons on ne possède pas le détail… ce qui permet au passage d’ajuster le classement final comme on le sent en toute discrétion.

    Et pour le classement “moyenne” qui joue l’addition de rang : circuler, il n’y a rien à voir…

    Pour l’histoire du CEMS : Je ne pense pas que cela joue… en effet, tout le monde gagne “+1″ dans l’histoire… tout le monde sauf l’INSEAD, en fait, qui n’est pas classé dans les master in management. C’est bien là que certaines choses peuvent ce jouer.

    D’ailleurs, comment le FT fait il pour classer l’INSEAD qui n’est pas présent dans tous les classements ? A cause de cette absence, faire une Addition de rang pour trouver le premier n’est pas possible (l’INSEAD serait premièr loin devant) à moins de donner un rang “fictif” à l’école (pas très sport et pas très classe).

    Reste le “rang moyen”, en faisant le total des rangs par école divisé par le nombre de classement, mais là encore, il y a un couac… l’INSEAD devrait être première a égalité avec un rang moyen de 4.

    Et oui, même avec une simple méthodologie a base de “rang”, on n’arrive pas a retrouver la logique finale d’un classement…

    Le plus crédible ici serait de penser que le FT classe selon le “rang moyen”, (dans quel cas les écoles classées dans le palmares master y gagnent face à celles qui n’y sont pas thanks to the CEMS) et qu’en prime, une petite pénalité a été ajoutée à ceux qui n’était pas dans tous les classements…

    Je ne vois que ça.

    A moins qu’il n’y ait un jeu de pondération (pas trouvé dans le pdf méthodo) ce qui serait logique (un mba et un custom program, pour moi, ça n’a pas la même valeur) où que rentre dans le calcul les autres critères disponibles sur le tableau et dans le pdf méthodo… ce qui serait un non sens, ils sont déjà inclus dans les autres classements.

    Dieu, que les classements sont drôles et intéressants.

  4. Stephane a écrit le 9 décembre 2009 :

    Au niveau mondial, le FT a pignon sur rue contrairement a l’Etudiant donc on peut critiquer tant qu’on veut ca ne changera rien a son impact sur les lecteurs professionnels ou non (mais pas de malentendu, chacun est libre de s’exprimer :-))
    Je ne suis personnellement pas fan du classement de l’Etudiant voire des classements en general car, sauf erreur de ma part, les donnees utilisees par l’Etudiant ne sont pas (totalement) auditees donc je n’ose imaginer les bullshits envoyees par les ecoles…
    La seule certitude est que HEC, ESSEC, ESCP constituent le top (je n’en suis pourtant pas), le reste n’est qu’un jeu de chaises musicales, d’effets de mode et de vraies-fausses surprises qui permettent de vendre des magazines et faire vivre ceux qui les concoivent.
    Amicalement,

  5. azuréen a écrit le 11 décembre 2009 :

    Bonjour,
    Le classement du FT est un classement bidon qui se base pour une grande partie sur les dires das anciens diplômés et qui utilise le pourcentage de fille ou femme dans tel indicateur comme critère de classement…
    Pour l’Etudiant j’aimerais bien savoir comment vous avez fait pour classer l’INSEEC par exemple qui n’a pas donné les moyennes au bac des ses 1ères années? Cela me semble important car c’est coefficient 20 quand même…
    Et avez-vous vérifié les moyennes au bac données par les écoles, car l’ESG avec son 13.6 de moyenne au bac, de prime abord je trouve cela ahurissant (coef 20, cela mérite quelques investigations).

  6. nono a écrit le 14 décembre 2009 :

    Quand est-ce que le palmarès des écoles d’ingénieurs sera il disponible?

  7. Sylvie Lecherbonnier a écrit le 14 décembre 2009 :

    Le classement 2010 des écoles d’ingénieurs sort mercredi sur http://www.letudiant.fr.

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    Les classements de grandes écoles n’en finissent pas d’alimenter débats et polémiques. Des rumeurs parfois folles circulent, la désinformation est reine... Comment sont fabriqués nos rankings ? Quels sont nos petites victoires, nos coups de gueules, nos questions ? Nous avons décidé de lever un coin du voile. Bienvenue dans les coulisses des palmarès de L’Etudiant.
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