Palmarès, le making of

Les coulisses des classements des grandes écoles par Géraldine Dauvergne et Sylvie Lecherbonnier

Le CERAM et l’ESC Lille existeront-ils encore à la rentrée ?

Data:24 juillet 2009

Géraldine Dauvergne

A part quelques nouveaux grades de master et les résultats du SIGEM tant attendus, rien ne devait troubler la quiétude estivale du mois de juillet.

 

Mais il y eut d’abord un mail en provenance d’ESC Lille, le 10 juillet dernier, pour solliciter - comme la plupart des écoles - un délai pour le retour du questionnaire à la rentrée. La raison avancée aurait dû me mettre la puce à l’oreille : « L’actualité récente d’ESC Lille et du CERAM (et notamment ses conséquences sur l’emploi du temps et la disponibilité de l’équipe dirigeante) nous complique la tâche. »

 

Dix jours avant, ces deux écoles avaient effectivement annoncé leur fusion. Un chantier qui s’annonçait, croyais-je, de très longue haleine. Des années de boulot. Pas de quoi perturber l’été 2009.

 

Un autre message est tombé sur ma boîte vocale le 16 juillet, cette fois-ci du CERAM. Puis le lendemain un autre e-mail. La responsable de la communication du CERAM et la directrice générale de l’école souhaitaient s’entretenir avec moi « au sujet de l’impact de la fusion récemment annoncée du CERAM Business School et de l’ESC Lille » sur le palmarès des grandes écoles. Le message précisait : « Nous sommes tout à fait conscients que l’enquête porte sur des éléments de l’année N-1, mais notre problématique est qu’au moment où paraîtra le palmarès, les deux écoles en tant que telles n’existeront plus, puisque la fusion sera effective dès la rentrée 2009 … » Effective, qu’est-ce que ça veut dire … ?

 

Au téléphone, la responsable de la communication du CERAM me confirme que les deux écoles ont bel et bien l’intention de me faire parvenir un questionnaire unique.

 

J’essaie d’imaginer ce que représenterait cette masse, anonyme à ce jour, dans le classement de l’Etudiant. Beaucoup de tout. De candidats, d’étudiants, de profs, de publications, de partenaires à l’étranger, de taxe d’apprentissage … Mais comment aujourd’hui cerner cet énorme ensemble, écartelé d’un bout à l’autre du pays, aux contours mal définis et aux excroissances bizarres vers l’université, le Maroc et la Chine. Comment ne faire qu’une seule école à partir de deux cursus d’études, deux concours, deux associations d’anciens, et des tutelles de natures si différentes ? Et surtout comment ne pas considérer séparément les deux diplômes, encore délivrés officiellement par deux institutions ?

 

Fondre tout cela ne se fera pas par la grâce du classement de l’Etudiant. Un mois après ce qui s’apparente à une déclaration d’intention, alors que l’on n’a même pas de nom pour désigner l’entité issue de cette fusion, et qu’aucune réalisation commune ne vient étayer le projet, je suis priée de considérer que les deux écoles ne font qu’une.

 

Peut-être que, pris dans l’étau de la réforme en cours des CCI, le petit Poucet CERAM a voulu à tout prix échapper à l’ogre Euromed ? Peut-être que l’ESC Lille étouffait, à l’ombre d’une autre école lilloise plus fortunée ?

 

Je préfère imaginer toutes ces d’absurdités pour expliquer l’urgence du rapprochement, plutôt que de croire qu’une telle précipitation pourrait d’abord servir à changer les prochains classements.

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1 commentaire

  1. Lionel a écrit le 10 septembre 2009 :

    Tout d’abord bonjour,

    Je suis surpris et quelque peu déçu par la tonalité de cet article.

    Vous avez en effet une façon bien singulière d’accueillir une décision stratégique qui a le mérite de traduire une prise de conscience des directions d’école: il y a trop d’ESC en France, et ceci limite grandement les espoirs de rayonnement international de la plupart d’entre elles.

    De plus, le style à connotation bien négative voire juvénile “même pas” ne me semble pas adapté. Peut-être, n’est-il que l’expression d’une quelconque vexation personnelle? Le CERAM n’est certes pas la meilleure école française, mais l’école suit indéniablement une stratégie ascendante ces dernières années.

    Est-il vraiment juste de reprocher au service communication d’une école de communiquer?
    Le planning des projets d’une école, ou de deux en l’occurrence ici, devrait-il être calqué sur celui de votre rédaction?

    Je me permets de citer un passage écrit par vos soins que les internautes peuvent lire sur votre site:
    “Comparer les ESC les unes aux autres et mesurer les progrès accomplis par chacune d’elles : c’est la grille de lecture que nous vous proposons dans la version 2008 de notre traditionnel classement des grandes écoles de commerce. Verdict : elles n’arrêtent pas de s’améliorer.”

    En conclusion, je ne saurais que vous conseiller de ne vous écarter point trop de votre grille de lecture en 2009 afin de conserver toute votre véracité et votre qualité.

    Bien à vous et dans l’attente de vous lire,

    Lionel

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    Les classements de grandes écoles n’en finissent pas d’alimenter débats et polémiques. Des rumeurs parfois folles circulent, la désinformation est reine... Comment sont fabriqués nos rankings ? Quels sont nos petites victoires, nos coups de gueules, nos questions ? Nous avons décidé de lever un coin du voile. Bienvenue dans les coulisses des palmarès de L’Etudiant.
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