Ceux qui sont restés à la dernière table-ronde des Etats généraux du management, organisés par la FNEGE au Sénat, le 17 octobre dernier, ont assisté à une scène inhabituelle. Bernard Ramanantsoa, hiératique directeur général d’HEC, s’est laissé gagner par une certaine émotion, pour ne pas dire un début de colère.
Lors de cette table ronde, consacrée à la concurrence entre les établissements d’enseignement et de recherche en management dans le monde, Rama venait, en confiance, de faire part de quelques-unes de ses préoccupations du moment. Comment diriger les levées de fonds vers les individus, plutôt que vers les entreprises ? Comment attirer et fidéliser les professeurs internationaux, au-delà de la question du salaire ?
Des considérations qui semblaient planer très au-dessus des têtes présentes dans la salle : professeurs d’université, maîtres de conférence, directeurs d’IAE, voire responsables de « petites » écoles de commerce … Tandis que le directeur d’HEC attendait calmement les questions, la première qui surgit de la salle se terminait par ces mots terribles : « impasse stratégique ». Bernard Ramanantsoa n’a pu contenir son exaspération. Le sourcil levé, la lèvre tremblante, il a repris sa respiration.
« Avoir les meilleurs professeurs et les meilleurs élèves, c’est assurer la compétitivité de la France et de l’Europe dans le monde, et c’est une mission de service public, a-t-il répliqué. L’enjeu est d’être le meilleur Européen, car les meilleurs Américains passent des alliances avec les meilleurs Asiatiques et les meilleurs Européens. » Calmé, Rama s’est de nouveau calé dans son fauteuil.
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21 octobre 2008
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